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Vivre autrement que du bois

3/26/2026 Blog
Vivre autrement que du bois

Un message fort du Parc National de Kahuzi-Biega au marché de Kamagema

Il est 9 heures du matin, ce jeudi 26 mars. Nous sommes au marché de Kamagema, à Panzi, dans la ville de Bukavu au Sud-Kivu. Les rayons sont remplis de planches, de sticks en bois et dans un coin des bambous. Les piles s’alignent les unes contre les autres. Certaines sont fraîches, d’autres déjà sèches. L’odeur du bois flotte dans l’air. Des transporteurs chargent et déchargent. Le marché vit au rythme du commerce des produits forestiers.
 
Ici, tout montre l’importance du bois dans la vie des ménages. Mais derrière cette activité, il y a une réalité plus grave. Une partie de ces produits vient des forêts protégées, notamment du Parc National de Kahuzi-Biega (PNKB). Chaque planche vendue peut être liée à la disparition progressive des arbres et des bambous du Parc.
 
Entre 9 h et 10 h, une centaine de personnes se rassemblent. Exploitants, vendeurs, transporteurs et acheteurs sont mobilisés par les responsables du marché. L’attention est forte. Le bruit du marché baisse peu à peu. La sensibilisation commence.
Elle est menée par le bureau de coordination provinciale de l’environnement, la société civile environnementale et le PNKB. Le Directeur Chef de Site du Parc, Arthur Kalonji, prend part à l’activité.
 
 
 
Les intervenants parlent d'abord de la protection de l’environnement. Ils insistent sur les arbres et les bambous du Parc. Ils expliquent les conséquences de leur exploitation. La disparition des forêts menace la biodiversité. Elle fragilise aussi les communautés. Moins d’arbres, c’est moins de pluie, moins de fertilité des sols et plus de pauvreté à long terme.
 
Dans un contexte sécuritaire instable au Sud-Kivu, le contrôle devient difficile. Il est compliqué de connaître l’origine exacte des produits vendus. Le marché de Kamagema en est un exemple. Les flux sont importants. Les vérifications restent limitées.
 
 
 
 
Face à cette situation, le Parc adapte ses approches. La sensibilisation ne se limite plus à interdire. Elle cherche à faire réfléchir. C’est ici qu’intervient la méthodologie GALS (Gender Action Learning System). Les outils de sensibilisation de cette approche aident les participants à analyser leur propre situation. Elle les pousse à penser à leur avenir et à celui de leurs familles.
 
Les échanges portent donc aussi sur la vision économique et l’autonomisation des ménages. Les intervenants encouragent chacun à diversifier ses sources de revenus. « Il ne faut pas dépendre uniquement du bois. D’autres activités peuvent assurer un revenu plus stable et protéger l’environnement », expliquent les sensibilisateurs.
 
Le message est clair : « la surexploitation des arbres et des bambous menace la biodiversité et l’avenir des communautés. Mais des solutions existent. Chacun peut faire un choix différent ».
 
Au cœur du marché de Kamagema, entre les planches et les sticks de bois, cette sensibilisation rappelle une chose essentielle : « protéger la forêt, c’est protéger la vie ».
 
 

Depuis fin janvier 2026, le PNKB, avec le soutien des organisations de la société civile, du Bureau provincial de l’Environnement, des Comités de Conservation Communautaires, des moniteurs du Mécanisme de Gestion des Plaintes et de Feedback, des AVEC, des radios communautaires riverains du Parc, mène des sensibilisations pour éveiller les communautés locales, à leur autonomisation et à la diversification de leurs revenus afin de réduire la dépendance au bois comme moyen de subsistance.

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