COMMUNAUTÉS

Plus de 500 000 personnes, dont des Peuples Autochtones Wambuti, vivent autour des zones de Haute et Basse Altitude du Parc. Ces populations font partie des principaux acteurs dont l’avenir du PNKB dépend.

La densité de population humaine dans le secteur de la Haute Altitude est très élevée avec des activités d'exploitation intensive des terres comprenant l'agriculture, la pêche et l'élevage. Les Peuples Autochtones et communautés locales vivant à la périphérie du Parc ont traditionnellement dépendu des ressources de ce dernier pour leur subsistance.   

Historiquement, les forêts du Parc étaient peuplées par les Wambuti. Peuple Autochtone semi-nomade vivant de la chasse et de la cueillette, ceux-ci parcouraient les vastes forêts et dépendaient entièrement de la zone qui constitue maintenant le Parc comme lieu de vie, pour leur nourriture, leurs rites culturels, leurs médicaments. Les Wambuti ont un attachement émotionnel et culturel très fort au Parc.

La création du Parc National de Kahuzi-Biega en 1970 et son expansion en 1975 ont entraîné le déplacement massif des communautés autochtones de leurs terres ancestrales dans le Parc.

Reconnaissant ce passé trouble, l’équipe de gestion du Parc met en œuvre une approche participative de la conservation communautaire basée sur le respect des droits humains. Cette approche a pour objectifs de protéger la biodiversité du Parc et d’améliorer le bien-être des Peuples Autochtones et communautés locales résidant dans les environs.

Concilier la conservation de la biodiversité et les besoins des Peuples Autochtones et communautés locales nécessite davantage que de simples mécanismes de participation. Cela dépend également d'un soutien constant de la part du gouvernement et des partenaires pour renforcer les moyens de subsistance et développer la résilience face à la perte de biodiversité, au changement climatique et aux pressions économiques.  À cette fin, le Parc soutient d'importants services clés pour ces communautés rurales, notamment en facilitant l'accès à l'éducation, à des bourses scolaires et universitaires, à des centres de santé et à de l'eau potable. 

Le programme de conservation communautaire du Parc appuie les communautés environnantes en améliorant la gouvernance des ressources naturelles, en renforçant les structures communautaires, en favorisant une participation effective à la gestion du Parc, mais aussi en soutenant la gestion durable des ressources naturelles en dehors du Parc. 

La participation des communautés à la gouvernance des ressources naturelles du Parc est renforcée par des forums de dialogue réguliers tels que le Comité de Coordination du Site (CoCoSi), le Comité de Pilotage de la feuille de route de Bukavu de 2019 (COPIL), et les Comités de Conservation Communautaire (CCC). Afin d'améliorer la participation effective, ces institutions reçoivent des renforcements ciblés des capacités en matière de gouvernance, de leadership et de gestion, sur la base d’une évaluation des besoins en formation réalisée avec les communautés.

Une approche participative de la résolution des conflits et des garanties sociales comme l’approche de consentement libre, informé et préalable, de conservation basée sur les droits humains, de l’intégration de la dimension genre, ainsi que le mécanisme de gestion des plaintes et des feedbacks (MGPF), sont des outils que le Parc met en place pour permettre aux communautés de jouer un rôle actif dans la garantie et le bénéfice de leurs droits.

Le gouvernement congolais a pris des mesures pour assurer la protection des Peuples Autochtones par le biais d’une nouvelle loi destinée à protéger les cultures, les droits et les modes de vie des Peuples Autochtones à travers le pays. Des organisations dont WCS appuient cet objectif aux côtés d’organisations locales représentatives des Peuples Autochtones afin d’endiguer les dynamiques de marginalisation et d’exclusion.

La Direction du Parc soutient le dialogue et l’exécution de la feuille de route de Bukavu, signée en 2019 entre les clans Wambuti et l’ICCN/Gouvernement de la RDC. Ce soutien se concrétise notamment sur des questions d’accès à des terres au profit des Peuples Autochtones, la construction d’infrastructures sociales et l’appui aux activités génératrices de revenus (AGR) en faveur des communautés dans les zones riveraines du PNKB, l’appui à la scolarisation des enfants et jeunes autochtones, des opportunités d’emploi au sein du Parc en faveur des communautés riveraines, leur implication dans la démarcation participative des limites du PNKB, ou encore la valorisation de la culture Wambuti.

Le Parc met en place des arrangements ponctuels et pratiques avec ses voisins, comme des accès privilégiés en faveur de la communauté autochtone pour y réaliser des rites culturels à l’instar des rites dits « au mouton », que les Wambuti appellent « Kutambikiya ». Notre équipe encourage aussi la création d’emplois pour les riverains tant au sein de ses effectifs d’éco-gardes et de pisteurs de gorilles, que parmi ses équipes techniques. Des opportunités d’emplois ponctuels comme la réfection des pistes touristiques sont aussi des moyens d’impliquer et de promouvoir activement les connaissances traditionnelles inégalables de la forêt au service de la conservation.

Le Parc s'efforce également de mettre en place un système de répartition des revenus touristiques avec les communautés locales. Ces revenus du tourisme bénéficieront aux communautés vivant en périphérie.

À l’extérieur du Parc, les Peuples Autochtones et communautés locales sont soutenues par différentes organisations pour établir (à l’issue d’un processus participatif intégrant l’approche de consentement libre, informé et préalable) des Concessions Forestières des Communautés Locales (CFCL), comme source d’approvisionnement en ressources naturelles dans les territoires communautaires, mais aussi comme un moyen de sécuriser des droits fonciers. C’est notamment le cas au sein de la réserve communautaire d’Oku à l’ouest du PNKB.