LE PARC

Le Parc National de Kahuzi-Biega (PNKB) regorge d'une biodiversité remarquable, certaines espèces rares et menacées, comme les pangolins et le perroquet gris. En raison de ses nombreuses espèces endémiques, notamment le gorille de Grauer, une espèce en danger critique d'extinction, ce lieu unique revêt une importance particulière pour la survie de la biodiversité.

Créé en 1970 et reconnu Site du Patrimoine Mondial en 1980, le Parc National de Kahuzi-Biega doit son nom aux deux  spectaculaires volcans dormants qui le dominent.

Il est réputé pour être le seul site au monde où l’on peut observer des gorilles de Grauer (Gorilla beringei graueri) sauvages dans leur milieu naturel. Le Parc abrite 23% des 6 800 gorilles de Grauer sauvages restants sur la planète, selon une estimation de 2021.

Du fait de la grande diversité de ses paysages, des forêts humides de haute altitude aux tourbières encaissées, le Parc est aussi habité par de nombreuses autres espèces endémiques, des centaines d’espèces d’oiseaux et de végétaux, et fait partie des aires protégées les plus importantes pour la conservation de la biodiversité du Rift Albertin.

Situé à l’ouest du lac Kivu, le Parc fournit des services éco-systémiques considérables aux centaines de milliers de personnes vivant entre ses montagnes et le lac. Il constitue aussi tout ce qui reste de l’habitat ancestral des Peuples Autochtones Wambuti, qui attachent une grande importance culturelle à la forêt du secteur de la Haute Altitude.

Administré par un partenariat public-privé entre l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) et la Wildlife Conservation Society (WCS), le Parc travaille étroitement avec les Peuples Autochtones et communautés locales alentour, en faisant d’elles les actrices et bénéficiaires de la conservation, notamment en promouvant un meilleur accès à l’éducation, aux soins de santé et à des emplois stables.

L'équipe du Parc s’efforce de protéger ses écosystèmes contre les menaces incluant la déforestation, le braconnage et l’exploitation minière illégale, et suit au quotidien dix groupes de gorilles, dont deux complètement habitués à la présence humaine. Ceci permet à la fois de créer une offre touristique et de collecter des données pour mieux comprendre, et ainsi mieux protéger, leur environnement.

Recouvrant près de 6.000 km2, le Parc est constitué à l’est d’une petite partie en Haute Altitude, dominé par le mont Kahuzi (3.308 mètres) et le mont Biega (2.790 mètres). À l’Ouest, les forêts de la Basse Altitude s’étendent aux plaines allant de Kisangani à Bukavu, traversées par les rivières Luka et Lugulu. Un corridor écologique de 7,4 kilomètres de largeur joint les deux parties.

Le siège du Parc et sa zone touristique sont situés à 30 km de Bukavu, 4ème ville la plus importante de la République Démocratique du Congo et capitale de la province du Sud-Kivu. Le Parc chevauche trois provinces : Nord-Kivu, Sud-Kivu et Maniema.

1937
La « Réserve Intégrale Zoologique Forestière dans la région du mont Kahuzi » est créée par l’ordonnance loi numéro 81/AGR du comte Pierre Ryckman, gouverneur général du Congo belge.
1952
Trois blocs destinés à l’élevage sont établis au sud de la Réserve par l’administrateur colonial à travers le comité national du Kivu.
1970
La création du Parc est proposée par Monsieur Adrien Deschryver, conservateur et considéré comme le fondateur du PNKB. Le Parc de Kahuzi-Biega est créé par l’ordonnance-loi n° 70-316 du 30 novembre 1970. Cette ordonnance-loi modifie le statut de la Réserve, qui devient Parc National. Certaines limites de l’ancienne Réserve sont révisées, réduisant ainsi le Parc à une superficie de 600 km². Le classement de ces terres en tant que Parc entraîne l’expulsion des Peuples Autochtones Wambuti de leurs terres ancestrales par le gouvernement du président de l’époque, Mobutu Sese Seko.
1975
Les limites actuelles du Parc sont modifiées par l’ordonnance n° 75-238 du 22 juillet 1975. Elles sont alors portées à 6 000 km². Le but était de relier la population de gorilles de Haute Altitude du Parc existant avec celle de Basse Altitude. Grâce à cette extension, le Parc est aujourd’hui constitué de deux régions aux caractéristiques différentes. Cette expansion a une fois de plus occasionné le déplacement d’un grand nombre de Wambuti sans leur consentement libre, informé et préalable.
1978
Dès 1978, la Deutsche Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit (GTZ), devenue par la suite la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), intervient notamment pour le maintien de la biodiversité et la gestion durable des forêts de la RDC, dont celles du PNKB.
1980
L’UNESCO attribue au Parc le statut de Site du Patrimoine Mondial, valorisant ainsi ses ressources naturelles et lui donnant au plan scientifique et de la conservation, une valeur universelle exceptionnelle.
1985
À partir de 1985, la RDC décide d’expérimenter au PNKB un projet pilote de conservation intégrée au développement. Ce projet appuyé par le Gouvernement allemand via la coopération technique de la GTZ vise à améliorer la gestion du Parc en le dotant d’un plan de gestion mais aussi en intégrant les intérêts des populations riveraines dans sa gestion afin d’assurer la durabilité du Parc. C’est le début de la gestion dite de conservation communautaire.
1997
Suite aux guerres récurrentes à l’Est de la RDC, l’UNESCO place le PNKB sur la liste des Sites du Patrimoine Mondial en Péril, statut qui lui est encore conféré aujourd’hui.
2008
Depuis 2008, la banque allemande de développement KfW apporte un important soutien financier au PNKB en complément de l’assistance technique fournie par la GIZ. La KfW co-finance le Parc depuis 2008 et est devenu l’un des plus importants partenaires financiers, appuyant plus de la moitié de son budget total à destination de l’ICCN.
2018
De nouvelles incursions de Wambuti au sein du Parc ont donné lieu à un regain de tensions avec les écogardes du Parc, et à des cas graves de violations des droits humains. Des poursuites judiciaires ont été engagées contre les responsables de ces actes.
2019
Une feuille de route a été signée à Bukavu pour garantir la protection durable du Parc National de Kahuzi-Biega et favoriser une cohabitation pacifique entre le Parc, les Peuples Autochtones (PA) et les autres communautés riveraines. Ce document a été signé par l’État congolais, l’ICCN, des notables PA, des organisations et d’autres partenaires techniques et financiers qui accompagnent les PA. L’objectif principal de cette feuille de route est de mettre en place des stratégies concertées pour protéger la biodiversité du PNKB tout en respectant les droits des Wambuti et des autres communautés riveraines. Elle aborde plusieurs points importants, tels que l’accès à la terre, l’éducation et la promotion de la culture des Wambuti.
2022
Un accord de partenariat technique et financier pour la gestion et le financement du PNKB est signé entre l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) et la Wildlife Conservation Society (WCS), pour une période initiale de 10 ans.