AUTRES ESPÈCES

Le Parc fait partie des trois plus importantes aires protégées pour la conservation de la biodiversité du « Rift Albertin » avec 136 espèces de grands mammifères (dont 15 endémiques du Rift Albertin), 335 espèces d’oiseaux dont 32 endémiques, 69 espèces de reptiles dont 7 endémiques, 25 amphibiens dont 7 endémiques, 1171 espèces de plantes dont 218 endémiques (Plumptre et al., 2007).

335 espèces d’oiseaux dont 32 endémiques ont été répertoriées au sein du Parc National de Kahuzi-Biega (Plumptre et al., 2003, 2007), en faisant un haut lieu de l’observation des oiseaux.

Les espèces endémiques au Parc incluent les espèces menacées suivantes : la Bouscarle de Grauer (Bradypterus graueri, « vulnérable »), ainsi que la Chevêchette de Prigogine (Glaucidium albertinum, « quasi menacée »), le Bagadais d’Albert (Prionops alberti, « vulnérable »), le Paon du Congo (Afropavo congensis, « quasi menacée »), l’Eurylaime de Grauer (Pseudocalyptomena graueri, « vulnérable »), et le Souimanga de Rockefeller (Cinnyris rockefelleri, « vulnérable »).

Les chimpanzés de l’Est (Pan troglodytes schweinfurthii) se nourrissent de façon très différente selon leur environnement, leur groupe et la saison. La moitié de leur alimentation est généralement composée de fruits, mais ils apprécient également les feuilles, les écorces, les tiges, ainsi que les insectes, les œufs et les proies vertébrées (y compris les singes : Basabose, 2002).

Après les humains, les chimpanzés possèdent le répertoire d’utilisation d’outils le plus divers et le plus complexe du règne animal. Ailleurs, ils peuvent « pêcher » des termites avec délicatesse, en insérant de petites tiges dans les termitières, mais aussi utiliser de grandes branches comme des massues pour casser l’écorce d’un arbre pour accéder à une ruche et son miel.

Sociables et curieux, les chimpanzés font montre d'appartenance à une culture (Whiten et al., 2021) : par exemple en Afrique de l’Ouest (mais pas à l’Est), ils utilisent des pierres pour casser des noix et coopèrent parfois pour chasser de petits mammifères, comme des antilopes ou des singes. À travers l’Afrique, ils utilisent des outils pour « pêcher » les termites, et dans le Parc National de Kahuzi-Biega, ils « pêchent » également les fourmis du manioc de la même manière et en extraient le miel (Basabose, 2002). Ces comportements varient d’une population à une autre et peuvent être transmis culturellement entre individus, notamment des parents à leurs petits.

Le nombre de chimpanzés au sein du Parc National de Kahuzi-Biega est d’environ 2 500 individus et 687 individus dans les forêts contiguës d’Oku (Plumptre et al., 2021). Malgré leur adaptabilité, ces grands singes restent vulnérables face aux pressions humaines croissantes sur leur habitat

Parmi les ongulés présents dans le Parc, les céphalophes représentent un groupe important d’antilopes de petite à moyenne taille. Ils parcourent le sol forestier à la recherche de fruits, feuilles, pousses, graines, bourgeons et écorces. Ils se nourrissent également des fruits tombés de la canopée, laissés là par les singes, les oiseaux ou les chauves-souris.

Les céphalophes figurent parmi les espèces les plus intensément chassées en Afrique centrale pour leur viande, très prisée tant en milieu rural qu’urbain. La demande croissante en viande sauvage, alimentée par l’urbanisation rapide et la proximité du Parc avec de grands centres de population, constitue une menace majeure pour leur survie.

Le céphalophe du Kivu (Cephalophus kivuensis), longtemps considéré comme une sous-espèce du céphalophe à front noir (Cephalophus nigrifrons), a été récemment réévalué grâce à une étude génétique menée en 2022 sur des échantillons fécaux collectés dans le PNKB (Bärmann et al., 2022). Les résultats indiquent des différences génétiques significatives entre les deux, suggérant que C. kivuensis pourrait mériter un statut d’espèce à part entière, bien que des recherches complémentaires soient nécessaires pour confirmer cette révision taxonomique.

Le Parc abrite également plusieurs espèces de primates arboricoles ou semi-terrestres, parmi lesquelles :

Ces espèces jouent un rôle écologique essentiel dans la dissémination des graines et l’équilibre des écosystèmes forestiers.

Parmi les autres espèces notables recensées dans les forêts du PNKB figurent le pangolin géant (Smutsia gigantea, « en danger »), la genette géante (Genetta victoriae, « préoccupation mineure ») et l'endémique genette aquatique (Genetta piscivora, « quasi menacée »). La genette, en particulier, occupe une place symbolique importante dans la culture des Wambuti. Autrefois, la tête de la genette était utilisée comme ornement pour fabriquer les chapeaux (appelés « Kabungulu », nom local de la genette) des chefs Wambuti, dans les régions de Kabare et Kalehe au Sud-Kivu.