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Déforestation galopante du Parc National de Kahuzi-Biega à Lemera et Katasomwa

28/08/2023 Blog
Déforestation galopante du Parc National de Kahuzi-Biega à Lemera et Katasomwa

Les Leaders locaux mettent en lumière les causes et les solutions.

C’est au cours de deux réunions de sensibilisation tenues  au courant de ce mois d’aout  2023 par l’équipe de l’Education, Information et Communication Environnementale du Parc National de Kahuzi-Biega (PNKB), que les chefs communautaires et les autorités locales de Lemera et Katasomwa en territoire de Kalehe, ont dévoilé les facteurs essentiels à la base de la déforestation à l'intérieur des limites du Parc.

« Il faut  une journée de marche au minimum pour véritablement observer l'étendue de la déforestation depuis les limites séparant le Parc et les villages de Lemera et Katasomwa » ont commencé par estimer les chefs et leaders locaux pour démontrer l’ampleur de la déforestation du Parc dans leurs zones.

Ces derniers ont pointé du doigt en premier la démographie croissante comme cause principale de la déforestation de cette partie du Parc voisine aux villages de Lemera et Katasomwa. « C’est l'afflux d'exploiteurs de ressources en provenance de Masisi dans le Nord-Kivu, ainsi que des villages voisins comme Lumbishe et Numbi à Kalehe qui  a aggravé cette situation », ont indiqué les chefs locaux de Lemera en ajoutant que parmi ces intrus figurent des groupes identifiés  comme de véritable "PAP" (peuples autochtones pygmées), d’autres comme des présumés ou prétendus "PAP" et d’autres encore issus des communautés non PAP.

Un deuxième aspect crucial souligné lors des discussions est les difficultés économiques auxquelles sont confrontées les communautés environnantes. Le manque d'opportunités d'emploi et de sources de revenus alternatives  dans ces milieux, pousse les riverains à faire pression sur les ressources du Parc, notamment les « arbres ». Le retard des autorités congolaises à fournir les terres promises aux PAP en dehors du parc, comme stipulé dans la feuille de route de Bukavu de 2019, a aussi ajouté à la frustration, ont confié les chefs et leaders locaux de Lemera et Katasomwa.

En outre : « Seulement quatre écogardes sont par exemple chargés de protéger le Parc de ce côté de Katasomwa. Cet effectif est insuffisant pour protéger l’immensité du Parc dans cette zone», ont aussi martelé les participants qui ont regretté que certains des braconniers du Parc bénéficient de la protection de certaines autorités au niveau de la province, les rendant intouchables. 

De plus, des acteurs étrangers ont été identifiés comme soutenant des groupes des PAP qui continuent à exploiter les ressources du parc, grâce à des aides humanitaires et des incitations à demeurer à l'intérieur des limites du Parc. 

 

 

Des solutions à plusieurs facettes pour lutter contre la déforestation du Parc proposées par les chefs et leaders communautaires de Lemera et Katasomwa

Comme feuille de route vers des solutions potentielles, les leaders réunis ont recommandé que le PNKB fasse pression sur les autorités locales, en particulier la chefferie, pour allouer des terres aux PAP en dehors des limites du parc.

Ils ont souligné en plus,  l'importance de renforcer l'équipe des écogardes et d'intensifier les patrouilles pour contrer les braconniers.

Les chefs et leaders locaux ont également appelé le PNKB à plaider pour l'annulation des permis d'exploitation accordés aux écoles et aux églises opérant à l'intérieur du Parc, ce qui aggrave ses problèmes de conservation. Une autre solution impérative proposée, consiste à initier la population locale aux pratiques agricoles modernes et durables adaptées aux conditions évolutives des sols de Katasomwa de plus en plus improductifs. « Cette solution limiterait la recherche des terres arables dans les périmètres du Parc », ont indiqué les chefs et leaders locaux.

Malgré leur dévouement, ces leaders locaux ont reconnu les limites auxquelles ils sont confrontés pour intensifier les campagnes de sensibilisation au sein de leurs communautés respectives. De plus, ils  ont  exprimées  des inquiétudes concernant les représailles potentielles de certaines autorités de la province qui protégeraient certains braconniers.

Les sensibilisations du PNKB dans ces villages riverains, sur les conséquences de la déforestation du Parc, visent à éduquer les habitants sur l'impact néfaste de leurs actions et à promouvoir des pratiques plus durables pour préserver l’environnement.

 

 

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