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Le PNKB partage une mise à jour sur ses grands singes au 4ᵉ Congrès de la Société Africaine de Primatologie

25/09/2026 Blog
Le PNKB partage une mise à jour sur ses grands singes au 4ᵉ Congrès de la Société Africaine de Primatologie

Le Parc National de Kahuzi-Biega (PNKB) a pris part au 4ᵉ Congrès de la Société Africaine de Primatologie, organisé du 8 au 12 septembre 2026 à Yaoundé, au Cameroun. Représenté par Fabrice YAPI, Chef du Département Recherche et Biomonitoring, le Parc y a présenté les résultats actualisés du suivi des gorilles de Grauer et des chimpanzés de l’Est dans le secteur de haute altitude de Tshivanga.

Ce rendez-vous scientifique a réuni des chercheurs, gestionnaires d’aires protégées, professionnels de la conservation, représentants d’organisations internationales et acteurs communautaires engagés dans la protection des primates africains. Les échanges ont porté notamment sur le suivi des populations de primates, les menaces pesant sur leurs habitats, l’efficacité des interventions de conservation, la participation des communautés et le renforcement du leadership scientifique africain.

Des données récentes sur les grands singes du PNKB

La communication du PNKB était consacrée aux résultats de l’inventaire réalisé en 2024 dans le secteur de haute altitude de Tshivanga. L’étude a couvert environ 293 km², sur les quelque 788 km² que compte ce secteur, en utilisant la méthode d’échantillonnage par transects linéaires avec mesure des distances.

Les analyses ont permis d’estimer la densité du gorille de Grauer (Gorilla beringei graueri) à 0,75 individu sevré par km², correspondant à une population estimée à 219 individus, avec un intervalle de confiance à 95 % compris entre 107 et 446 individus.

Pour le chimpanzé de l’Est (Pan troglodytes schweinfurthii), la densité a été estimée à 0,21 individu par km², soit environ 63 individus, avec un intervalle de confiance compris entre 30 et 133 individus.

Ces résultats constituent une nouvelle référence scientifique pour le suivi à long terme des deux espèces dans la partie montagneuse du PNKB. La comparaison avec les données de 2015 doit toutefois être interprétée avec prudence. Pour les gorilles, le large chevauchement des intervalles de confiance ne permet pas de conclure à une différence significative entre les deux périodes. Pour les chimpanzés, les informations statistiques disponibles pour l’étude antérieure ne sont pas suffisantes pour établir rigoureusement une tendance.

Une distribution influencée par l’habitat et les activités humaines

L’étude montre que les deux espèces sont principalement présentes dans la zone centrale du secteur montagneux, notamment dans les habitats forestiers présentant une bonne couverture de la canopée. Leur distribution apparaît globalement opposée à celle des indices de présence humaine, davantage observés dans les zones périphériques.

Cette configuration rappelle l’importance de maintenir l’intégrité des habitats, de renforcer la surveillance des secteurs sensibles et de mieux coordonner le biomonitoring avec les opérations de protection. Elle confirme également la nécessité de répéter les inventaires suivant des méthodes standardisées afin de détecter, sur le long terme, d’éventuelles évolutions des populations.

Une contribution à la visibilité scientifique du Parc

La participation à ce congrès a permis au PNKB de partager ses données avec la communauté scientifique africaine et internationale, mais aussi de recueillir des expériences utiles pour améliorer ses propres dispositifs de recherche et de suivi écologique.

Les discussions ont notamment souligné la nécessité :

  • d’assurer la continuité des programmes de biomonitoring ;
  • d’améliorer la qualité, la gestion et l’analyse des données ;
  • de mesurer l’efficacité réelle des actions de conservation ;
  • d’associer davantage les communautés riveraines ;
  • de renforcer les collaborations entre les aires protégées, les universités et les institutions de recherche ;
  • de soutenir la formation et le leadership des chercheurs africains.

La représentation du PNKB à Yaoundé contribue ainsi au rayonnement scientifique du Parc et à la valorisation du travail accompli par les équipes de terrain, les écogardes, les techniciens, les chercheurs et les partenaires ayant participé à l’inventaire.

Transformer les résultats scientifiques en décisions de gestion

Au-delà de la communication scientifique, les enseignements du congrès devront soutenir l’amélioration du programme Recherche et Biomonitoring du PNKB. Les principales perspectives concernent la répétition régulière des inventaires, le renforcement du suivi spatial des grands singes et des pressions humaines, l’amélioration de la gestion des données et le développement de partenariats scientifiques durables.

La participation du PNKB au 4ᵉ Congrès de la Société Africaine de Primatologie confirme ainsi une orientation essentielle : produire des données fiables, les partager et les utiliser pour guider les décisions de conservation. Dans un contexte où les grands singes et leurs habitats restent soumis à de fortes pressions, la science demeure un outil indispensable pour adapter les interventions et préserver durablement la biodiversité exceptionnelle du Parc National de Kahuzi-Biega.

Résultats produits par : Fabrice YAPI, Marc KALEMBU, Arthur KALONJI, Déo KUJIRAKWINJA, Augustin BASABOSE, Patrick MUSIKAMI, Teddy NISHULI, David KABAGE, Eric MUSHAGALUSA et Fiona MAISELS.

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